Comment Ă©volue le pain, aliment essentiel dans l'histoire de l'Homme, ainsi que sa fabrication ?

  La symbolique du pain

     Tous les peuples ayant goĂ»tĂ© le pain l’ont adoptĂ© ; on ne peut alors plus s’en passer. Le manque de pain pourrait dĂ©sormais conduire Ă  des Ă©meutes ainsi que des rĂ©volutions. Les autoritĂ©s en ont conscience. Au fil des siĂšcles, le pain devient une dimension symbolique importante: il symbolise le sacrĂ©, la justice, la stabilitĂ©, mais aussi de travail. Le boulanger a alors une dimension sociale essentielle et importante dans la vie. Chez les anciens romains, «le pain et les jeux» servaient dĂ©jĂ  Ă  reprĂ©senter la bonne humeur du peuple.

 A. Pain politique et vie sociale :

Pain, politique et vie sociale:

Pain, politique et vie sociale:

1. Un aliment essentiel :

    Selon les caprices de la nature et les guerres, le pain est un signe de richesse ou de pauvretĂ©, de servitude ou de libertĂ©, d'opulence ou de misĂšre. En politique, le thĂšme du pain est utilisĂ© comme un symbole de sĂ©curitĂ© et de prospĂ©ritĂ© ; en effet le pain est une sĂ©curitĂ© alimentaire car on peut en produire assez facilement. Ainsi lors de grandes famines, le pain est un moyen de survie.

     a) La consommation au cours de l'histoire :

    Le pain est depuis bien longtemps un des aliments essentiels de notre alimentation, bien que sa consommation soit en baisse depuis plusieurs annĂ©e :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Depuis 1900 la consommation de pain en France diminue rĂ©guliĂšrement. Un Français consomme environ 60 Ă  70 kg de pain par an.  Les causes de cette diminution de consommation sont multiples. En effet, l'on consomme notamment une plus grande quantitĂ© de viande, et l'on garde moins de place pour le pain. De plus, certaines personnes ont des aprioris sur le pain et dĂ©clarent que celui-ci fait grossir, ce qui est faux. C'est davantage ce que l'on mange avec qui provoque une prise de poids. Aujourd’hui, un Français consomme en moyenne environ 165 grammes de pain par jour tandis que les nutritionnistes en prĂ©conisent au minimum 250 grammes.

   En 1970, un français consommait 80.55 kg de pain par an, 62 kg en 1990 et seulement 54.kg en 2003. Les Allemands sont les plus gros consommateurs de pain d’Europe.

    La France garde cependant des spĂ©cificitĂ©s. Les boulangeries y sont avant tout artisanales. (En effet, les  artisans boulangers dĂ©tiennent 70% des parts du marchĂ© ;  les boulangeries industrielles se partagent le reste ). C’est le commerce le plus apprĂ©ciĂ© des Français. Un Français se rend environ plus de 3 fois par semaine Ă  la boulangerie. Ailleurs en Europe, les industries et les chaĂźnes de boulangeries y sont beaucoup plus implantĂ©es.

     ‱ Le pain et les consommateurs en France :

    Il y a 98% de Français qui consomment du pain, et 83% qui en consomment tous les jours.
 Pour beaucoup de personnes le premier critĂšre d'achat est la qualitĂ©.
Les boulangeries vendent moins de pain qu'autrefois, mais pas uniquement pour les raisons vues prĂ©cĂ©demment. Il y a dĂ©sormais la concurrence des boulangeries industrielles. Il est vrai que lorsqu'un Français fait ses courses, il y achĂšte en mĂȘme temps son pain ce qui lui Ă©vite de repasser par la boulangerie. En outre, il y a eu ces derniĂšres annĂ©es un grand boom des machines Ă  pain, comme une mode ; les gens aimaient faire leur pain Ă  leur goĂ»t. Soit dit en passant, la boulangerie reste frĂ©quentĂ©e par 89% des Français et reste un des lieux d'achats les plus apprĂ©ciĂ©s, devant les grandes surfaces et les chaĂźnes de boulangeries industrielles.

Il existe plus de 33000 boulangeries en France.

    La baguette est aussi une spĂ©cificitĂ©: avec 10 milliards d’unitĂ©s produites chaque annĂ©e, elle reprĂ©sente 70 % des ventes.

   Le pain n'est pas un aliment essentiel dans tous les pays. en effet, chaque pays consomme  plus ou moins de pain par an . On observe par exemple que le Royaume-Unis est le moins consommateur de pain au contraire des Allemands qui consomment plus de 85kg de pain par ans !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Le pain au cƓur du pouvoir :

    En politique, le thĂšme du pain a Ă©tĂ© utilisĂ© comme le symbole de la sĂ©curitĂ© ainsi que de la prospĂ©ritĂ©. Chez les anciens romains, «le pain et les jeux» servaient dĂ©jĂ  Ă  reprĂ©senter la bonne humeur du peuple. En effet, « Du pain et des jeux Â» (Panem et circenses) est une citation du poĂšte satirique JuvĂ©nal extraite de Satire, une Ɠuvre dans laquelle il dĂ©nonce les vices de son Ă©poque. Par ces mots, il critique le peuple qui, selon lui, ne rĂ©clame que deux choses : du pain et des jeux. JuvĂ©nale est en effet Ă©pouvantĂ© par la popularitĂ© de ces jeux du cirque sous l'Empire. Le peuple ne pense qu'Ă  manger et Ă  se divertir en assistant aux jeux. Le pain reprĂ©sente ici la nourriture.


      a) Taxes et impĂŽts sur le pain :

     Les taxes sur le pain n'Ă©taient pas les mĂȘmes pour toute la France ; en effet, chaque village imposait sa taxe :

  • Sous l'ancien rĂ©gime (avant la rĂ©volution française) il existait dans le nord de la France (Alsace) la taxe appelĂ©e BACHELON/BACHRLON: c'est la taxe "frais de cuisson du pain".


  • Le premier document ci-dessous datant du 4 juillet 1811 traite de l'ordonnance concernant la taxe sur le pain Ă  Auvillar. ( Tarn et Garonne). En effet, les boulangers de la citĂ© rĂ©clamaient une modification de cette taxe, dont la derniĂšre valeur datait de 1758.

          Depuis cette date, les salaires et les prix des matiĂšres nĂ©cessaires Ă  la fabrication du pain avaient nettement augmentĂ© !

          GrĂące Ă  ce document, on remarque que les communes pouvaient imposer des taxes directement sur le pain.


  • La taxe leyde Ă©tait une taxe en nature ou en argent sur les grains et marchandises qui se vendaient au marchĂ© du ChĂątelard, un village dans le massif des Bauges en Savoie. En 1347, les boulangers doivent des impĂŽts taxĂ©s sur le pain. Les taxes sur le pain ont perdurĂ©es. A la fin du 18e siĂšcle, elles ont Ă©tĂ© fixĂ©es par le sĂ©nat de Savoie. Les dĂ©libĂ©rations ont Ă©tabli une table des prix pour la vente du pain indexĂ©e sur le prix de vente du blĂ© sur les marchĂ©s hebdomadaires du ChĂątelard et incluant les taxes. Lorsque le blĂ© sera vendu depuis 15 sols jusqu'Ă  une livre (la bichette) le prix d’une livre de pain sera de 1 sol et 3 deniers. Lorsque le prix de la bichette de froment augmentera de 5 sols, le pain augmentera de 3 sols.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      Ordonnance concernant la taxe du pain a Auvillar                                      Taxes sur le prix du pain a Briançon                           Taxes sur le prix des farines, Hautes Alpes

 


   Il a existĂ© une multitude de taxes sur le pain, mais il en reste peu de traces. 

 

   b) Condamnation :

    Au cours de l'histoire, il y a eu beaucoup de condamnations de boulanger, mĂ©tier sous trĂšs haute surveillance dĂšs le XIIIĂšme siĂšcle.

    En effet l'autoritĂ© Royale perçoit trĂšs tĂŽt que l'approvisionnement  de la capitale en blĂ©, et donc la fourniture en pain de la citĂ©, est un Ă©lĂ©ment essentiel de la paix sociale. Le peuple de Paris accusait frĂ©quemment les boulangers d'ĂȘtre responsables de la hausse du prix du pain. Les plus anciens rĂ©glements concernant l'exercice du mĂ©tier de boulanger datent des VIIĂšme et VIIIĂšme siĂšcles. Mais c'est le Livre des mĂ©tiers d'Etienne Boyleau, rĂ©digĂ© vers 1268, qui marque le dĂ©but d'une surveillance extrĂȘme des conditions de fabrication et de vente du pain en France. Certains articles prĂ©cisent les modalitĂ©s de fixation des prix des trois ou quatre qualitĂ©s officielles de pain (du plus blanc au plus complet). D'autre articles mettent en place des procĂ©dures de contrĂŽle et de rĂ©pression des fraudes (par exemples: sous-poids ou cuisson insuffisante, essentiellement). 

    Une vĂ©ritable police du pain s'instaure vers 1366. Elle surveille la corporation et dispose d'un arsenal de peines pouvant aller jusqu'au punitions corporelles.


    Aux XVIIĂšme et XVIIIĂšme siĂšcles, durant les Ă©meutes de subsistance, "la fureur est au pain" et la police se range du cĂŽtĂ© des commerçants qui protĂšgent leurs boutiques des pillages du peuple. Il arrive alors que les voleurs de pains soient pendus.  

    Mais souvent, lors d'une rĂ©volte,  le premier pendu Ă©tait le boulanger, accusĂ© d'ĂȘtre la cause du manque de nourriture:


    Voici quelques exemples de condamnations qui eurent lieu au cours du XVIIIĂšme siĂšcle.

Document du dĂ©partement de police, commune de Paris. RĂ©digĂ© en l'an II de la RĂ©publique, sous le rĂ©gime de la Terreur, le 1er Nivose (qui correspond au 21 DĂ©cembre 1793) : 


  • Le boulanger Jean Claude Gaultilt a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  la maison d'arrĂȘt de la conciergerie pour avoir laissĂ© moisir du pain chez lui. Il aurait cependant put le donnĂ© aux pauvres ou encore le vendre. La conciergerie Ă©tait l'une des plus grandes prisons de Paris sous le rĂ©gime de la Terreur, donc ce boulanger risque d'ĂȘtre guillottinĂ©.


  • Le 22 Juin 1709 Ă  Paris (annĂ©e avec des records de froid, et donc de mauvaises rĂ©coltes, dues Ă  de mauvaises semences. Quelques jours avant la sentence, il y avait eu une Ă©meute de la faim Ă  Paris, les gens s'en sont donc pris aux boulangers.Cet arrĂȘt est collectif contre des boulangers ayants vendu du pain trop cher et qui n'avaient pas fait de pain « pour les pauvres Â» qui se vend moins cher. Ils sont condamnĂ©s Ă  des peines de mille livres, une somme Ă©norme Ă  l'Ă©poque.


  • Sentence de police du 31 Mai 1726,

    Le maĂźtre boulanger Claude Roger a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  500 livres d'amende pour avoir vendu du pain au prix normal mais en l'ayant fait trop lĂ©ger.


  • Sentence de police du 19 Avril 1723

    Le boulanger Nicolas Megret, condamnĂ© Ă  300 livres d'amende et Ă  la fermeture temporaire de sa boutique pendant 3 mois laquelle sera murĂ©e (c'est Ă  dire qu'il ne pourra ni y entrer ni entretenir ses outils, lesquels il retrouvera alors dans un trĂšs mauvais Ă©tat). Sa condamnation est due au fait qu'il a survendu son pain.

 

      c) La propagande:

Le pain est utilisé dans le vocabulaire de la propagande ; en voici plusieurs exemples:


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

        Le front populaire: Le pain est un symbole politique fort.                                                                       Affiche de rationnement pendant la guerre. 

       Ci dessus: La Une du journal du Front Populaire en 1936.                                                   En pĂ©riode de disette, le pain Ă©tait coupĂ© en tranches fines, non seulement

      Le pain reprĂ©sente l'alimentation, et donc la fin de la misĂšre.                                                par souci d'Ă©conomie, mais aussi parce qu'il donnait ainsi l'impression de durer plus                                                                                                                                                                       longtemps. 

 

 

  •  DĂ©claration du MarĂ©chal PĂ©tain lors de son procĂšs en juillet 1945

<< Au contraire, pendant quatre années, par mon action j'ai maintenu la France, j'ai assuré au français la vie et le pain >>

Ici par le pain et la vie, le Maréchale Pétain désigne le pain comme un symbole de subsistance.

 

  •  Caricature:

 

 

 

Plantu fait souvent rĂ©fĂ©rence Ă  des moments d'histoire dans ses caricatures ; comme sur cette derniĂšre parue dans Le Monde le 20 AoĂ»t 2007. Ici CĂ©cilia Attias (ex-femme de Nicolas Sarkozy) est reprĂ©sentĂ©e comme Marie Antoinette, et Nicolas Sarkozy comme Louis XIV. Plantu fait alors dire Ă  CĂ©cilia/Marie-Antoinette, lorsque nous apprenons la seconde augmentation en deux mois du prix du pain «S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! Â» (Paroles de Marie-Antoinette prononcĂ©es devant le peuple de Paris mourant de faim en 1789.)

On a de plus un témoignage de plantu:

« Ça me plaĂźt parce que cela me permet de dĂ©guiser des personnages d'aujourd'hui. Sarkozy en Louis XIV, c'est trop tentant et je ne m'empĂȘche pas de le faire. CĂ©cilia, je la faisais en Marie-Antoinette (en plus Ă  ce moment-lĂ , le prix du pain avait augmentĂ©... alors, les brioches... !) . »

 

Ici on a une caricature pour dénoncer le prix du pain.


B. Un symbole spirituel:

1.Un symbole pour plusieurs religion tout au long de l'histoire :


    Le pain est la nourriture essentielle de l’homme et lui donne  l’énergie physique dont il a besoin. C’est la raison pour laquelle, sous une forme ou sous une autre, toutes les civilisations l’ont Ă©levĂ© Ă  la hauteur d’un symbole de vie, l’ont considĂ©rĂ© comme la marque de la gĂ©nĂ©rositĂ© des dieux et dĂ©esses envers elles.

    Dans les traditions religieuses, dans les lĂ©gendes, les mythes et les coutumes, on peut remonter jusqu’à l’origine lointaine du thĂšme du pain, c’est Ă  dire aux temps oĂč l’homme prenait conscience de sa dĂ©pendance vis Ă  vis des forces de la nature et appelait au secours des forces surnaturelles pour combattre les mauvaises rĂ©coltes et les famines.

 

  • C’est ainsi que les plus grands dieux de l’humanitĂ© sont personnifiĂ©s ou se comparent eux-mĂȘmes au pain: 

- Il y a plus de 5000 ans, Osiris se dĂ©clarait ĂȘtre le pain de vie des enfants de l’Egypte. Il apprit aux hommes Ă  cultiver le blĂ©, Ă  faire la farine et prĂ©parer le pain : le pain fut toujours considĂ©rĂ© comme divin et sacrĂ© par les Ă©gyptiens.

- Dans l’AntiquitĂ©, selon Ovide (1 er s. av JC), lorsque les Gaulois assiĂ©gĂšrent Rome, les Romains invoquĂšrent Jupiter qui leur conseilla de jeter par-dessus les murs ce qu’ils avaient de plus prĂ©cieux. Ils confectionnĂšrent alors avec leur reste de farine, des miches de pain qu’ils lancĂšrent contre les assaillants. Ces derniers pensĂšrent que Rome Ă©tait largement approvisionnĂ©e et possĂ©dait de quoi tenir un trĂšs long siĂšge. A cause de cela, ils abandonnĂšrent leur assaut. En reconnaissance, les romains Ă©difiĂšrent un temple Ă  Jupiter Pistor (Jupiter Boulanger) ce qui associait le symbolisme du blĂ© (vie, mort et renaissance) Ă  la destinĂ©e de la ville.

 

Dans le judaĂŻsme

   Une tradition pendant Pessah, c'est Ă  dire la PĂąque juive qui dure huit jours et commence le septiĂšme mois.Cette fĂȘte cĂ©lĂšbre l'Exode et le dĂ©but du cycle agricole annuel. Les juifs mangent pendant toute sa durĂ©e des Matzots, un pain azyme, c'est Ă  dire un pain non-levĂ©, sans levain. Les juifs le mangent pour commĂ©morer cet Ă©vĂšnement. Ces galettes sĂšches et croustillantes sont mĂȘme trĂšs prisĂ©es des Arabes israĂ©liens.


    Les Juifs apportaient  12 pains en offrande, le jour du Shabbat dans le temple de Dieu, c'Ă©tait les « pains de proposition Â» que seuls les prĂȘtres pouvaient manger. Aujourd'hui, un pain tressĂ© appelĂ© Hallah est utilisĂ© lors de chaque shabbat. Le pain azyme (Matsa ou Matzot) est toujours utilisĂ© pour cĂ©lĂ©brer la PĂąque et commĂ©morer la fuite d'Égypte.

    En effet, les Juifs ont Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  manger du pain sans levain, car ils ont dĂ» quitter l'Égypte dans l’urgence et n'avaient alors pas le temps d'attendre que le pain lĂšve. Ce pain Ă©tait aussi appelĂ© « pain de l'affliction Â» pour leur rappeler l'affliction qu'ils avaient subie quand ils Ă©taient aux mains des Égyptiens, et « le pain d'amertume Â», car il Ă©tait mangĂ© avec des herbes amĂšres.

 

 

 

 

 

 

 

                              Matzot, pain sans levain, galettes sĂšches et croustillantes                                                    Hallah, pain tressĂ©

                                                              

    En revanche l'Islam (aussi bien le Sunnisme que le Chiisme) ainsi que les courants boudhistes et les religions chinoises n'utilisent pas le pain comme un symbole.                                                                                                    

 

2. Le pain symbole du christianisme: 

    Il y a plus de cinq mille ans, Osiris dĂ©clare ĂȘtre le pain de vie des enfants de l'Égypte, et trois mille ans plus tard le Seigneur JĂ©sus-Christ utilise les mĂȘmes phrases pour situer la valeur de son exemple et de son enseignement. Les Écritures Saintes de la religion chrĂ©tienne recĂšlent environ quatre cents rĂ©fĂ©rences au pain.

    La CĂšne  est le terme issu du latin cena c'est Ă  dire repas du soir. La CĂšne est le nom donnĂ© par les chrĂ©tiens au dernier repas que JĂ©sus-Christ prit avec les douze apĂŽtres le soir avant la PĂąque juive, trois jours avant sa rĂ©surrection. AprĂšs  avoir mangĂ© la PĂąque avec eux, il institua l'Eucharistie en disant : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang Â».

    Selon Matthieu (26, 26-28) :

« Pendant le repas, JĂ©sus prit du pain et, aprĂšs avoir prononcĂ© la bĂ©nĂ©diction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps Â».

La fraction du pain fut alors mentionnĂ©e dans le Nouveau Testament comme un geste fondamental de communion entre membres de l'Église.

 

  • Dans le culte catholique:

    L'Hostie symbolise le pain sans levain, le sacrifice du Seigneur ce qu'on appelle l'Eucharistie. L'hostie illustre par sa forme ronde l'Ă©ternitĂ© et l'universalitĂ© de la vie.

    C'est la raison pour laquelle, en rĂ©citant le Notre PĂšre les chrĂ©tiens demandent rituellement que Dieu leur donne le pain quotidien (« donne nous aujourd'hui notre pain de ce jour Â») qui devient en ce sens une double nourriture, physique et spirituelle.

 

 

 

 

 

                                                                              Hosties                                                   Hosties de tailles diffĂ©rentes 


    Chez les catholiques le pain renvoie naturellement au travail :  « Tu gagneras ton pain Ă  la sueur de ton front Â» dĂ©clare Dieu dans la GenĂšse. Le pain est le symbole du travail de l'homme sur terre bien que ce soit avant tout les cĂ©rĂ©ales qui soient Ă  sa base.

     Chez les chrĂ©tiens le pain est un symbole  Ă  travers la naissance de JĂ©sus Ă  BethlĂ©em. En effet, BethlĂ©em signifie "maison du pain" en hĂ©breu.

 

    Les chrĂ©tiens pratiquants dessinent  une croix sur le pain puis prient avant de manger, bien que cette tradition se soit un peu perdue au fil de l'histoire.

 

    Le pain est un symbole spirituel fort : il accompagne les fĂȘtes et les rites religieux.

La messe se déroule en 4 étapes:

- Le Rite d'Ouverture : le signe de la croix.

- La Liturgie de la Parole.

- La Liturgie Eucharistique : la prĂ©paration des dons. C'est le moment le plus important de la messe, , le moment ou le pain (et le vin) sont au centre de la cĂ©lĂ©bration eucharistique (« prenez et mangez, ceci est mon corps... Â»).

- Communion Le Notre-PĂšre : Les fidĂšles se prĂ©parent Ă  communier en disant ensemble la priĂšre reçue du Christ, le Notre PĂšre, puis en Ă©changeant un geste de paix. Le prĂȘtre rompt alors le pain consacrĂ©. Le prĂȘtre communie, puis les fidĂšles avancent en procession pour communier Ă  leur tour, en recevant l'hostie.


 

 

 

 

 

 

 

 

Pain, symbole important lors de la communion.

 


    Dans l'Ancien Testament (de la Bible) l'Eternel envoya la manne aux HĂ©breux pendant qu'ils traversaient le dĂ©sert lors de l'Exode. Cet aliment symbolise le pain et prĂ©figure l'eucharistie pour les chrĂ©tiens. C'est naturellement un signe de la bontĂ© de la divinitĂ© envers les hommes.

Le pain Azyme  est un pain sans levain que les Juifs mangent pour commĂ©morer cet Ă©vĂ©nement (comme nous l'avons expliquĂ© dans la premiĂšre parties). Dans le culte catholique, le pain azyme est utilisĂ© pour confectionner les hosties de l'Eucharistie.


   A l'inverse de l'Eglise catholique romaine, l'Eglise orthodoxe utilise du pain avec levain.

     

  •  Chez les Orthodoxe:

    L'Église orthodoxe utilise du pain levĂ©. Car le mot Artos (qui signifie pain en grec) est utilisĂ© dans tous les compte rendus de la CĂšne avec la signification de pain au levain commun. Si le pain sans levain  avait Ă©tĂ© utilisĂ© on aurait dit Azymos (Azyme: mot qui est toujours utilisĂ© pour spĂ©cifier que le pain est sans levain.)

Pour les orthodoxes le pain au levain est aussi appelĂ© «pain vivant». Le pain sans levain est considĂ©rĂ© comme «mort». Quand le Christ se prĂ©sente comme Â«le pain de vie», «le pain vivant», il est certainement bien reprĂ©sentĂ© par du pain au levain. Le levain est compris comme symbole de la vie - le corps vivant et ressuscitĂ© du Christ.

La cĂ©lĂ©bration orthodoxe est appelĂ©e "Divine liturgie", en effet on ne dit pas « la messe Â».Elle comporte trois parties :

- La  proscomĂ©die  (prĂ©paration des offrandes)

- Liturgie des catĂ©chumĂšnes 

- Puis c'est la liturgie des fidĂšles. Le prĂȘtre et le diacre sortent du sanctuaire avec le pain et le vin et vont les porter sur l'autel, c'est la Grande entrĂ©e . Dans la liturgie orthodoxe, le prĂȘtre donne aux fidĂšles la communion au corps et au sang du Christ en dĂ©posant la communion (pain trempĂ© dans le vin) dans leur bouche avec une cuillĂšre ou un chalumeau. C'est lĂ  la diffĂ©rence avec les catholique.

Au Noël Ortodoxe: Le premier jour de Noël, la maßtresse de maison confectionne un pain spécial, nommé "Cesnica". Elle y cache une piÚce, un haricot et un grain de maïs.. (En quelque sorte le principe de la galette des rois). Trouver la piÚce porte chance..Quant au haricot ou au maïs, cela augure de belles récoltes..

 

 

 

 

 

 

                                                                                    2 examples de Cesnica 

 

  •  Chez les protestants:

    Comme chez les orthodoxes la cĂ©lĂ©bration n'est pas appelĂ© « la messe Â» sinon le culte.

Celui ci se dĂ©roule en plusieurs Ă©tapes, comme dans les autres religion. A la fin de celui-ci vient la cĂ©lĂ©bration de la Sainte CĂšne. Tout le monde s'il le souhaite peut y participer en se joignant au cercle des communiants. Chacun reçoit de son voisin le plateau de pain (et la coupe de vin). Ce repas rappelle pour les protestants que tous ensemble ils sont appelĂ©s Ă  se nourrir de l'enseignement et de la vie du Christ, et que cela fait d'eux des frĂšres et soeurs, invitĂ©s Ă  la mĂȘme table.

    Bien que pour les Zwinglis, des protestants libĂ©raux, l'Eucharistie est une simple commĂ©moration, le pain et le vin restent du pain et du vin, ils ne reprĂ©sentent rien, ce ne sont pas des symboles.

 

_____________________________________________________________

 <-- Signification

Comme on peut le voir sur toutes ces images le pain représente un symbole religieux.

Chez les chrĂ©tiens. 

 C. Le pain dans la culture populaire:

1. Pain et Littérature:

    Le Pain a inspirĂ© de nombreux poĂštes et Ă©crivains. Baguettes, miches, brioches
 toutes les recettes ont investi tous les genres littĂ©raires. Que ce soit sous forme de poĂšme en prose (« Le Pain Â» de Francis Ponge dans Le Parti pris des choses de 1942), sous forme de sonnet classique (« Cuisson du pain Â» par Émile Verhaeren, dans Les Flamandes en 1883), ou comme thĂšme majeur de romans (La femme du Boulanger de Pagnol, ou La Porteuse de pain de Xavier de MontĂ©pin,  ou bien encore La Gerbe d’Or d’Henri BĂ©raud), ou encore comme passage clĂ© de certains rĂ©cits.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Couvertures des livres

 

      Ces livres ont mĂȘme Ă©tĂ© portĂ©s Ă  l'Ă©cran : 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.Le parler du pain:

    Les expressions françaises comprenant le mot « pain Â» abondent, tant celui-ci fait partie de notre patrimoine... Quelques exemples parmi tant d’autres :

  •    Expression française: 

  - Ça ne mange pas de pain ! : cela n’occasionne pas de dĂ©penses, cela ne prĂȘte pas Ă  consĂ©quence

  - Avoir du pain sur la planche : ĂȘtre trĂšs occupĂ©

 -  Parti comme des petits pains : qui s'est vendu trĂšs vite/ facilement

 - Pour une bouchĂ©e/un morceau de pain : pour une petite somme

 - Gagner son pain (Ă  la sueur de son front) : gagner sa vie 

 - C’est mon gagne-pain : c’est mon mĂ©tier

- Ôter le goĂ»t du pain Ă  quelqu’un :  lui enlever l’envie de vivre

- Vendre son pain avant qu’il ne soit cuit : ĂȘtre prĂ©somptueux ou imprudent

- Faire de quelque chose son pain quotidien : en faire une habitude

 - Il a mangĂ© du pain du roi : il a fait de la prison

 - Être bon comme du pain blanc : ĂȘtre gĂ©nĂ©reux


  • Proverbe:

 - Nul pain sans peine (1611)

 - Tel pain, telle soupe: des situations se valent en fonction des Ă©lĂ©ments qui les composent

 

 * Les proverbes et expressions française ne sont pas tous dit ici; il en existe une multitude d'autre.